SCI à l'IR vs SCI à l'IS : quel régime fiscal choisir ?
L'impôt sur le revenu offre transparence et plus-values avantageuses, l'impôt sur les sociétés permet l'amortissement et un taux réduit. Un choix structurant et irrévocable pour votre SCI. Découvrez quel régime correspond à votre stratégie patrimoniale.
Chiffres clés 2026
SCI à l'IR
Imposition revenus
Barème IR + PS 17,2%
Plus-values
Exonération après 22-30 ans
Amortissement
Non déductible
SCI à l'IS
Imposition résultat
IS 15% puis 25%
Plus-values
Professionnelles (pas d'abattement)
Amortissement
Déductible du résultat
Sommaire
Fiscalité des revenus : transparence IR vs taux réduit IS
La SCI à l'IR (impôt sur le revenu) est fiscalement transparente : les loyers perçus par la société sont imposés directement entre les mains des associés, proportionnellement à leur quote-part. Chaque associé déclare sa part de revenus fonciers dans sa déclaration personnelle, soumise au barème progressif de l'IR (de 0% à 45% selon la tranche marginale d'imposition) auquel s'ajoutent les prélèvements sociaux de 17,2%.
Pour un associé dans la tranche à 30%, la pression fiscale totale sur les revenus fonciers atteint 47,2% (30% IR + 17,2% PS). Dans la tranche à 41%, elle monte à 58,2%. C'est le principal inconvénient du régime IR pour les contribuables fortement imposés.
La SCI à l'IS (impôt sur les sociétés) est imposée en son nom propre sur son résultat fiscal. Le taux d'IS est de 15% sur les premiers 42 500 euros de bénéfices (taux réduit PME) puis de 25% au-delà. Ce taux est nettement inférieur aux tranches supérieures de l'IR, ce qui permet de conserver davantage de trésorerie dans la société pour réinvestir.
Toutefois, les bénéfices de la SCI IS restent dans la société. Pour les récupérer, les associés doivent se verser des dividendes, soumis à la flat tax de 30% (12,8% IR + 17,2% PS). Cette double imposition (IS puis flat tax) est le revers de la médaille : sur 100 euros de bénéfices, il reste 59,50 euros après IS à 15%, puis 41,65 euros nets après flat tax sur les dividendes.
Amortissement et charges déductibles
C'est l'avantage majeur de la SCI à l'IS : la possibilité d'amortir le bien immobilier (hors terrain, non amortissable). L'amortissement comptable permet de déduire chaque année une fraction de la valeur du bâtiment du résultat imposable, typiquement sur 25 à 40 ans selon les composants (gros oeuvre, toiture, installations techniques). Sur un immeuble acquis 300 000 euros (dont 60 000 euros de terrain), l'amortissement annuel peut atteindre 8 000 à 10 000 euros, réduisant d'autant le bénéfice taxable.
En SCI à l'IR, aucun amortissement n'est déductible. Seules les charges réelles sont admises : travaux d'entretien et de réparation, intérêts d'emprunt, primes d'assurance, frais de gestion, taxe foncière. Les travaux d'amélioration sont déductibles, mais pas les travaux de construction ou d'agrandissement.
En contrepartie, la SCI IS impose une comptabilité d'engagement complète : bilan, compte de résultat, liasse fiscale annuelle. Cela génère des frais comptables de l'ordre de 1 500 à 3 000 euros par an. La SCI IR se contente d'une déclaration 2072 simplifiée, beaucoup moins coûteuse à produire.
Pour un bien générant des loyers modestes, les frais comptables de l'IS peuvent annuler l'avantage de l'amortissement. L'IS devient réellement intéressant à partir d'un certain volume de revenus locatifs, généralement au-delà de 20 000 à 30 000 euros de loyers annuels.
Plus-values à la revente : le piège de l'IS
En SCI à l'IR, les plus-values immobilières relèvent du régime des plus-values des particuliers. Elles bénéficient d'abattements progressifs pour durée de détention : exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans de détention et exonération de prélèvements sociaux après 30 ans. Pour une détention longue, c'est un avantage considérable qui peut représenter une économie de plusieurs dizaines de milliers d'euros.
En SCI à l'IS, les plus-values sont des plus-values professionnelles. Elles sont calculées sur la différence entre le prix de vente et la valeur nette comptable du bien (prix d'acquisition moins les amortissements pratiqués). Les amortissements cumulés viennent donc gonfler la plus-value imposable. Un bien acheté 300 000 euros et amorti de 150 000 euros sur 20 ans génère une valeur nette comptable de 150 000 euros. S'il est revendu 350 000 euros, la plus-value imposable est de 200 000 euros (et non 50 000 euros comme en SCI IR).
De plus, il n'existe aucun abattement pour durée de détention en SCI IS. La plus-value professionnelle est intégralement soumise à l'IS (15% puis 25%). Ce qui a été économisé en impôts grâce aux amortissements est en partie restitué lors de la cession. C'est le principal écueil du régime IS pour les investisseurs qui envisagent de revendre à terme.
Pour les stratégies de détention très longue (transmission familiale, patrimoine générationnel), le régime IR est nettement plus favorable grâce à l'exonération totale après 30 ans. Le régime IS est plus adapté aux investisseurs qui capitalisent les bénéfices pour acquérir d'autres biens sans jamais revendre.
Tableau comparatif complet
Fiscalité des revenus
Amortissement du bien
Plus-values à la revente
Distribution des bénéfices
Déficits
Comptabilité
Profil idéal
Quel régime pour quel profil ?
Privilégiez l'IR si...
- Vous créez une SCI familiale pour transmettre un patrimoine
- Votre tranche marginale d'imposition est modérée (11% ou 30%)
- Vous envisagez de revendre le bien après une longue détention
- Vous souhaitez une gestion simplifiée sans comptabilité lourde
Privilégiez l'IS si...
- Votre TMI est élevée (41% ou 45%) et vous voulez un taux réduit
- Vous réinvestissez les bénéfices sans les distribuer
- Vous constituez un parc immobilier avec autofinancement
- Vous n'envisagez pas de revendre les biens à moyen terme
Le choix entre IR et IS dépend fondamentalement de votre stratégie patrimoniale : transmission familiale et détention longue orientent vers l'IR ; capitalisation, réinvestissement et constitution d'un patrimoine locatif orientent vers l'IS. N'oubliez pas que le passage à l'IS est irrévocable : faites-vous accompagner par un conseiller en gestion de patrimoine avant de trancher.
Notre verdict
La SCI à l'IR reste le choix par défaut et le plus adapté à la majorité des situations : transparence fiscale, plus-values des particuliers avec exonération progressive, gestion simplifiée. La SCI à l'IS est un outil puissant pour les investisseurs qui capitalisent sans distribuer, grâce à l'amortissement et au taux réduit d'IS. Mais attention au piège des plus-values et à la double imposition lors de la distribution. Ce choix irrévocable mérite un accompagnement professionnel.
Questions fréquemment posées
La SCI IR est transparente : les revenus fonciers sont imposés au barème progressif de l'IR des associés + PS 17,2%. La SCI IS est imposée en son nom propre (15% jusqu'à 42 500 € puis 25%), avec amortissement du bien et déduction élargie des charges.
La SCI IR est transparente : les revenus fonciers sont imposés au barème progressif de l'IR des associés + PS 17,2%. La SCI IS est imposée en son nom propre (15% jusqu'à 42 500 € puis 25%), avec amortissement du bien et déduction élargie des charges.
Choisissez le bon régime fiscal pour votre SCI
Un conseiller Odin Capital analyse votre situation patrimoniale et fiscale pour vous recommander le régime optimal — IR ou IS — adapté à vos objectifs d'investissement immobilier.