LMNP vs LMP : quel statut de loueur meublé choisir ?
Le LMNP offre une fiscalité douce et un amortissement avantageux, le LMP permet d'imputer ses déficits sur le revenu global. Deux statuts aux conséquences radicalement différentes selon vos revenus locatifs. Découvrez lequel correspond à votre situation patrimoniale.
Chiffres clés 2026
LMNP
Seuil recettes
< 23 000 €/an
Régime possible
Micro-BIC ou réel
Cotisations
PS 17,2%
LMP
Seuil recettes
≥ 23 000 €/an
Régime possible
Réel obligatoire
Cotisations
SSI 35-45%
Sommaire
Conditions et statut : LMNP ou LMP, comment ça se détermine ?
Le statut de loueur meublé professionnel (LMP) ou non professionnel (LMNP) n'est pas un choix : c'est une qualification fiscale automatique qui dépend de deux conditions cumulatives. Vous êtes LMP si vos recettes locatives meublées dépassent 23 000 € par an ET si elles excèdent les autres revenus d'activité professionnelle de votre foyer fiscal (salaires, BIC, BNC, BA).
Si l'une de ces deux conditions n'est pas remplie, vous relevez du statut LMNP. Par exemple, un investisseur percevant 30 000 € de loyers meublés mais gagnant 80 000 € de salaire reste LMNP : ses recettes locatives ne dépassent pas ses revenus professionnels. À l'inverse, un retraité percevant 25 000 € de loyers et 15 000 € de pension bascule en LMP.
Le statut s'apprécie chaque année. Vous pouvez être LMNP une année et LMP l'année suivante si vos revenus évoluent. Ce basculement automatique a des conséquences majeures, notamment sur les cotisations sociales et le régime des plus-values. Il est donc essentiel d'anticiper le passage en LMP pour en maîtriser les impacts.
En LMNP, vous avez le choix entre le régime micro-BIC (abattement forfaitaire de 50% sur les recettes) et le régime réel (déduction des charges réelles et amortissements). En LMP, le régime réel est obligatoire : vous devez tenir une comptabilité complète et produire un bilan.
Fiscalité des revenus : amortissement, déficits et cotisations
L'avantage commun au LMNP et au LMP au régime réel est l'amortissement du bien immobilier. Vous déduisez chaque année une fraction de la valeur du bâti (hors terrain) sur 25 à 30 ans, et du mobilier sur 5 à 10 ans. En pratique, l'amortissement annuel représente 2 à 4% de la valeur du bien, ce qui permet souvent de ramener le bénéfice imposable à zéro pendant de nombreuses années.
La différence majeure concerne le traitement des déficits. En LMNP, un déficit BIC ne peut s'imputer que sur les revenus de même nature (autres BIC meublés) dans la limite de 10 ans. En LMP, le déficit est imputable sur le revenu global sans plafond, ce qui réduit directement l'impôt sur le revenu. Pour un contribuable à tranche marginale élevée (41 ou 45%), cette imputation peut représenter une économie fiscale de plusieurs milliers d'euros par an.
En contrepartie, le LMP est soumis aux cotisations SSI (Sécurité Sociale des Indépendants) d'environ 35 à 45% du bénéfice net. Même en l'absence de bénéfice, une cotisation minimale d'environ 1 200 €/an est due. Le LMNP ne supporte que les prélèvements sociaux de 17,2% sur les revenus nets, sans cotisation minimale.
Le choix du micro-BIC en LMNP est pertinent pour les petits patrimoines : un abattement forfaitaire de 50% s'applique sur les recettes brutes, avec une imposition au barème progressif sur le solde. Au-delà de quelques biens, le régime réel devient presque toujours plus avantageux grâce aux amortissements et à la déduction des charges réelles (intérêts d'emprunt, travaux, assurances, frais de gestion).
Plus-values et sortie : le moment critique
C'est à la revente que la différence entre LMNP et LMP est la plus marquante. En LMNP, les plus-values relèvent du régime des particuliers : abattement progressif pour durée de détention avec exonération totale d'impôt sur le revenu après 22 ans et de prélèvements sociaux après 30 ans. Ce régime est très favorable pour les détentions longues.
Attention, réforme majeure 2025 : les amortissements déduits par les LMNP sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value imposable lors de la revente. Concrètement, si vous avez amorti 80 000 € sur un bien acheté 200 000 € et revendu 250 000 €, votre plus-value imposable n'est plus de 50 000 € mais de 130 000 € (50 000 € + 80 000 € d'amortissements réintégrés). Cette réforme réduit considérablement l'avantage historique du LMNP au réel.
En LMP, les plus-values sont professionnelles et se décomposent en court terme (amortissements déduits, imposés au barème de l'IR) et long terme (plus-value économique réelle, imposée à 12,8% + 17,2% PS). Toutefois, le LMP bénéficie d'une exonération totale si les recettes locatives sont inférieures à 90 000 € en moyenne sur les deux dernières années ET si l'activité est exercée depuis plus de 5 ans. Une exonération partielle s'applique entre 90 000 € et 126 000 €.
Pour un investisseur qui détient ses biens longtemps avec des recettes modérées, le LMP peut donc offrir une sortie fiscalement plus avantageuse que le LMNP post-réforme, grâce à cette exonération des plus-values professionnelles. C'est un renversement de situation par rapport à l'ancien régime.
Tableau comparatif complet
Conditions d'accès
Régime fiscal
Déficits
Cotisations sociales
Plus-values
Amortissements et PV
Profil idéal
Quel statut pour quel profil ?
Le LMNP est fait pour vous si…
- Vos loyers meublés restent sous 23 000 €/an
- Vous avez des revenus professionnels supérieurs à vos loyers
- Vous détenez 1 à 3 biens en location meublée
- Vous souhaitez éviter les cotisations SSI
Le LMP est fait pour vous si…
- Vos recettes locatives dépassent 23 000 €/an
- Vous voulez imputer vos déficits sur le revenu global
- Vous visez l'exonération de PV (recettes < 90 000 € + 5 ans)
- Vous êtes retraité ou avez des revenus pro modérés
La clé est d'anticiper le basculement. Avant d'acquérir un nouveau bien meublé, simulez l'impact sur vos seuils LMNP/LMP. Le passage en LMP entraîne automatiquement les cotisations SSI, ce qui peut réduire significativement la rentabilité nette si vous n'y êtes pas préparé. Un accompagnement patrimonial permet d'optimiser la structure (SCI, holding) pour maîtriser ces effets.
Notre verdict
Le LMNP reste le statut le plus accessible et le plus courant pour la location meublée, avec une fiscalité attractive grâce à l'amortissement. Mais la réforme 2025 sur la réintégration des amortissements dans les plus-values change la donne à la revente. Le LMP, malgré ses cotisations SSI élevées, offre l'imputation des déficits sur le revenu global et une exonération de plus-values potentiellement totale. Le bon statut dépend de votre niveau de recettes, de votre tranche marginale et de votre horizon de détention. Un bilan patrimonial personnalisé est indispensable pour trancher.
Questions fréquemment posées
Le LMNP s'applique si vos recettes locatives sont < 23 000 €/an OU < vos revenus pro. Le LMP s'applique si recettes ≥ 23 000 €/an ET > revenus pro du foyer (deux conditions cumulatives).
Le LMNP s'applique si vos recettes locatives sont < 23 000 €/an OU < vos revenus pro. Le LMP s'applique si recettes ≥ 23 000 €/an ET > revenus pro du foyer (deux conditions cumulatives).
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