Comparatif 2026

Assurance-vie vs PEA : pour transmettre son patrimoine

L'assurance-vie offre un cadre successoral unique avec un abattement de 152 500 € par bénéficiaire et une transmission hors succession. Le PEA ne bénéficie d'aucun avantage successoral mais exonère les plus-values après 5 ans. Découvrez comment articuler ces deux enveloppes pour optimiser votre transmission.

Chiffres clés 2026

Assurance-vie

Abattement par bénéficiaire

152 500 €

Prélèvement au-delà

20 % puis 31,25 %

Clause bénéficiaire

Libre (hors succession)

Plafond de versement

Aucun

PEA

Abattement successoral

Aucun (droit commun)

Fiscalité au décès

Droits de succession classiques

Clause bénéficiaire

Inexistante

Plafond de versement

150 000 €

Fiscalité successorale de l'assurance-vie : un cadre unique

L'assurance-vie bénéficie d'un régime fiscal successoral dérogatoire extrêmement avantageux. Pour les primes versées avant 70 ans (article 990 I du CGI), chaque bénéficiaire désigné profite d'un abattement de 152 500 €. Au-delà, le prélèvement est de 20 % jusqu'à 700 000 € (soit 852 500 € au total par bénéficiaire), puis 31,25 % au-delà.

Concrètement, un couple qui désigne ses 3 enfants comme bénéficiaires peut transmettre jusqu'à 915 000 € (152 500 € x 3 x 2 contrats) en totale franchise de droits. Si l'on ajoute l'abattement de droit commun de 100 000 € par enfant et par parent, la transmission exonérée atteint 1 515 000 € pour 3 enfants.

Pour les primes versées après 70 ans (article 757 B du CGI), le régime est moins favorable : un abattement global de 30 500 € (pour l'ensemble des bénéficiaires, tous contrats confondus), puis taxation aux droits de succession classiques. Toutefois, les intérêts et plus-values générés sur ces primes sont totalement exonérés de droits de succession.

L'avantage clé de l'assurance-vie est la clause bénéficiaire : le capital est transmis hors succession, directement aux bénéficiaires désignés, sans passer par le notaire. Cela permet de transmettre à des personnes qui ne sont pas héritiers légaux (concubin, ami, association), dans des délais plus rapides que la succession classique.

PEA et succession : les règles applicables

Le PEA (Plan d'Épargne en Actions) ne dispose d'aucun avantage successoral spécifique. Au décès du titulaire, le PEA est clôturé automatiquement et sa valeur entre dans l'actif successoral soumis aux droits de succession de droit commun (barème progressif de 5 % à 45 % en ligne directe, après abattement de 100 000 € par enfant et par parent).

Bonne nouvelle toutefois : les plus-values accumulées sur le PEA sont définitivement exonérées d'impôt sur le revenu au décès (seuls les prélèvements sociaux de 17,2 % restent dus sur les gains réalisés). Les héritiers récupèrent ainsi les titres à leur valeur au jour du décès, sans plus-value latente à déclarer ultérieurement.

Le PEA ne permet pas de désigner un bénéficiaire. La valeur du plan est répartie selon les règles de la dévolution successorale légale ou testamentaire. Impossible de transmettre un PEA à un concubin, un ami ou une association : il est intégralement soumis aux règles de la succession.

Le plafond de versement de 150 000 € (225 000 € pour le PEA-PME) limite de facto l'intérêt du PEA comme outil de transmission pour les patrimoines importants. Même avec de fortes plus-values, le capital transmissible via un PEA reste inférieur à ce qu'une assurance-vie peut atteindre (aucun plafond de versement).

Stratégie combinée : maximiser AV et PEA

La stratégie optimale pour un investisseur patrimonial consiste à utiliser les deux enveloppes de manière complémentaire. Le PEA est dédié à la performance boursière (exonération des plus-values après 5 ans, univers d'investissement en actions européennes), tandis que l'assurance-vie est le véhicule privilégié pour la transmission et la diversification (fonds euros, UC, SCPI, private equity).

En pratique, commencez par saturer le PEA à 150 000 € pour profiter de l'exonération d'IR sur les plus-values. Puis orientez les versements supplémentaires vers l'assurance-vie, en privilégiant les primes avant 70 ans pour bénéficier de l'abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Pour un patrimoine financier de 500 000 €, la répartition type est 30 % PEA / 70 % assurance-vie.

Pour les patrimoines supérieurs à 1 million d'euros, multipliez les contrats d'assurance-vie auprès de différents assureurs (diversification du risque et des options de gestion), tout en conservant un PEA mature pour les arbitrages boursiers sans frottement fiscal. L'assurance-vie luxembourgeoise peut compléter le dispositif pour les patrimoines les plus importants (triangle de sécurité, accès à des fonds institutionnels).

N'oubliez pas la rédaction de la clause bénéficiaire de vos contrats d'assurance-vie : elle doit être personnalisée et régulièrement mise à jour. Une clause standard peut entraîner des conséquences fiscales défavorables (ex. : « mes héritiers » englobe le conjoint, qui est déjà exonéré de droits de succession, gaspillant l'abattement de 152 500 €).

Tableau comparatif complet

Abattement successoral

Assurance-vie152 500 € par bénéficiaire (avant 70 ans)
PEAAucun (droit commun : 100 000 € par enfant)

Fiscalité au décès

Assurance-vie20 % puis 31,25 % au-delà de l'abattement
PEABarème progressif (5 % à 45 % en ligne directe)

Clause bénéficiaire

Assurance-vieOui, libre et hors succession
PEANon, dévolution légale uniquement

Plus-values au décès

Assurance-vieExonérées (intégrées au capital transmis)
PEAExonérées d'IR (PS 17,2 % dus)

Plafond de versement

Assurance-vieAucun
PEA150 000 € (225 000 € PEA-PME)

Univers d'investissement

Assurance-vieTrès large (fonds euros, UC, SCPI, PE)
PEAActions européennes uniquement

Avantage fiscal en vie

Assurance-vieAbattement 4 600 €/9 200 € après 8 ans
PEAExonération IR totale après 5 ans

Quel choix pour quel profil ?

Privilégiez l'assurance-vie si…

  • La transmission est votre objectif principal (abattement 152 500 € par bénéficiaire)
  • Vous souhaitez transmettre hors succession à des bénéficiaires choisis librement
  • Votre patrimoine financier dépasse 150 000 € et nécessite de la diversification
  • Vous voulez transmettre à un concubin, un proche non-héritier ou une association

Privilégiez le PEA si…

  • Votre objectif premier est la performance boursière avec exonération d'IR
  • Vous investissez en actions européennes et souhaitez un cadre fiscal optimal de votre vivant
  • Votre patrimoine est inférieur à 150 000 € et la transmission n'est pas votre priorité immédiate
  • Vous êtes jeune et privilégiez la capitalisation long terme avant de penser transmission

Pour la transmission, l'assurance-vie est nettement supérieure au PEA : abattement de 152 500 € par bénéficiaire, clause bénéficiaire libre, transmission hors succession. Mais les deux enveloppes sont complémentaires : le PEA pour la performance boursière de votre vivant, l'assurance-vie pour organiser la transmission. La stratégie optimale combine les deux.

Notre verdict

L'assurance-vie est l'outil de transmission patrimoniale par excellence en France. Avec 152 500 € d'abattement par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans, une clause bénéficiaire libre et une transmission hors succession, elle surpasse largement le PEA en matière successorale. Le PEA reste néanmoins indispensable pour la performance boursière de votre vivant. La stratégie gagnante : saturez le PEA puis orientez le surplus en assurance-vie en rédigeant soigneusement vos clauses bénéficiaires.

FAQ

Questions fréquemment posées

152 500 € par bénéficiaire pour les primes versées avant 70 ans. Au-delà : 20 % puis 31,25 %. Après 70 ans : 30 500 € global mais plus-values exonérées.

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